Parce que le Chômage est l'inverse du Travail, celui-ci devait absolument être invité ici. La Valeur Travail existe dans tous les métiers et dans toutes les technologies ou activités Humaines, sous toutes les formes peut-être...

Soyons réalistes, exigeons l'impossible, la Lune et Mars!

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- La sonde Curiosity posée "ok" sur Mars (le 7 Août 2012) La Vraie Valeur Travail...
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 La NASA est-elle de Retour? Je le pense aussi! (le 6 Août 2012) Et Bravo aux équipes des pays participants!

Etant adolescent j'ai un peu vécu dans la vallée de Chevreuse durant les années 1970, à Chevreuse et à St-Rémy Lès Chevreuse pour ne rien cacher. Entre ces deux petites villes de l'Ile de France situées relativement loin de Paris, il existait un étrange et joli petit château de style très baroque, le "Château du bois de Claireau" aujourd'hui disparu. Il s'y passait d'étranges et mystérieuses activités évoquées par cette page web. J'ai pris la Liberté de la reproduire ici car avec Internet, on ne sait jamais... Il faut la garder. D'autre part elle n'est pas facilement accessible via Google, sauf si on s'intéresse à la vallée de Chevreuse! Celles et ceux qui s'intéressent à la Véritable Valeur Travail la trouveront donc plus facilement en passant par ici. J'ai longtemps ignoré ce qu'il s'y faisait, ayant connu ce château et ses dépendances, totalement en ruine. C'était fort triste et lamentable. Un beau jour j'ai voulu savoir, j'ai cherché et trouvé. C'est très intéressant ce que ces gens y faisaient, au point que je regrette réellement de ne pas avoir eu cette opportinité. Lisez et voyez!

HISTOIRE DU CHÂTEAU DE CLAIREAU et du Centre National des Ateliers Educatifs

(par "Claireau Le Lieu", que je salue au passage, le 20 Janvier 2012 à 16h08)

"Il se dressait en dominant l’entrée Est de CHEVREUSE, noyé dans une belle forêt de plus de cent hectares, bâti en meulières, un peu baroque mais séduisant dans son site exceptionnel. Il était discret car depuis la route, on ne voyait que sa large tour et seuls quelques rares promeneurs prenaient la peine de venir le voir. Il n’existe plus aujourd’hui et je vais vous raconter un peu de son histoire, très associée à celles de ceux qui y ont vécu. Naturellement je vous parlerai surtout de la période que j’ai bien connue et des derniers habitants des lieux."

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Le château de Claireau en 1906 (il conserva jusqu'au bout cet aspect)

"Vers 1890, Georges de Montgomery de Penbroke, comte de Contades, achèta au Duc de Luynes une forêt située sur le territoire de la commune de Chevreuse. Entre 1860 et 1900 sa sœur Marie Jeanne de Montgomery (Mme Janvier de la Motte) achèta aussi des parcelles de terrain dont le côteau "du Claireau". Georges de Montgomery mort à Paris le 21 Novembre 1900 laissa l’ensemble du domaine à sa sœur Marie Jeanne. Celle-ci décèdé vers 1905 lègua toutes ses terres à la veuve de son frère, Marie Lucie de Montgomery née Ditte. Cette dame native de Saint Rémy les Chevreuse était la filleule de Juliette Adam de l’abbaye de Gif."

"En 1904 Marie Lucie de Montgomery fit édifier le "Manoir de Claireau" par des entreprises locales dont la plus importante, celle des frères Bracon. En même temps elle fit réaliser dans la propriété le tombeau où seront inhumés son mari et sa belle-sœur. Vers 1912 la princesse Radziwill acheta la propriété pour en faire un “rendez-vous de chasse” dans lequel elle organisait des réceptions réputées. Les cartes postales de l’époque révèlent des salons baroques et somptueux, bien meublés et remplis d’objets divers, de trophées de chasse, d’innombrables tableaux et de nombreuses statues de toutes tailles."

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Le mausolée de la famille de Montgomery abandonné, fut joyeusement saccagé durant des décennies...

"Vers 1940 Monsieur Bobet, propriétaire de la tannerie de Chevreuse se porta acquéreur de ce qu’on appelait le “Manoir du Claireau” et de ses 103 hectares de forêts. Hélas, Pendant la guerre 150 aviateurs Allemands, basés à Toussus le Noble résidèrent un certain temps au château puis en partant, ils le pillèrent et ne laissèrent sur place que le trop imposant lit de la princesse, trop lourd pour être emporté! Après leur départ, le château resta à l’abandon. Allait-il doucement tomber en ruine?"

"Non! Son destin devait être plus glorieux. Au cours d’une période qui durera 20 ans, (1947/1967) durant laquelle le château de Claireau meurtri et délaissé, devait tout doucement revivre pour devenir avec le temps, un lieu très animé. Des milliers de personnes venues d’horizons différents, de cultures différentes, de nationalités différentes, se sont retrouvées pour travailler ensemble, dans le même esprit. Ils vont y apprendre à “penser avec leurs mains”, selon la formule de l’homme à qui l’on doit cette résurrection et qui créa le "Centre National des Ateliers Educatifs".

"Avant la guerre de 1939/45 RENE DIELEMAN, ancien élève des beaux-arts (sculpture et ébénisterie d’art) était un professeur de travaux manuels à l’école Américaine Mac Jannet à Saint Cloud. Cette école recevait de nombreux enfants étrangers dont les parents sont en fonction en Europe, surtout des enfants de diplomates. Elle assurait l’enseignement de la maternelle au bac, mais durant la guerre, l’école dévastée devra fermer."

"RENE DIELEMAN fut mobilisé à cette époque et dès son retour, trouvera du travail à nouveau pour Mac Jannet, dans un camp ouvert et composé par 12 chalets bien équipés. Toutefois le camp ne fonctionnait que durant les vacances scolaires et RENE DIELEMAN dut trouver un travail de complément. Il collabora avec Albert Boekolt le créateur de la revue et de l’association "Vie Active", très présente dans les milieux du scoutisme. Il rêvait aussi de créer sa propre école et ses amis des CEMEA (Centres d’Entraînements aux Méthodes d’Education Active) pour qui il a travaillé, l’y encouragèrent vivement."

"RENE DIELEMAN prospecta en région parisienne et ses recherches le mènent un jour à Chevreuse où il découvrit la propriété du Claireau. Le lieu lui plut beaucoup et il pressentait que le local bien qu’en mauvais état, pourrait très bien convenir. C'était en 1947. Le château de Claireau appartennait à Monsieur Bobet, propriétaire de la tannerie de Chevreuse. C’était un bâtiment un peu délabré et une charge pour lui car il n’en avait pas l’usage. Il avait acheté le Claireau surtout pour le bois que pouvait procurer la grande et belle forêt... Un accord est trouvé et Monsieur Bobet consentit un bail de 20 ans à l’association que RENE DIELEMAN créait, les Ateliers Educatifs. Il fut aussi mentionné que si un jour Mr Bobet souhaitait vendre, l’association serait la première à être contactée."

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Le château vu du ciel

"Le loyer proposé était raisonnable, mais il était aussi prévu que le locataire remettrait progressivement selon ses moyens et ses priorités, les lieux en bon état. La tâche était énorme et il fallait tout l’enthousiasme et le dynamisme de RENE DIELEMAN pour entreprendre cela. Une seule pièce avait encore quelques vitres et il fallait pour commencer, remettre une centaine de carreaux pour qu’il fasse moins froid et que la pluie cesse de pénétrer dans les locaux. Il n’y avait plus de chauffage, plus d’électricité et plus de téléphone. Les cheminées étaient bouchées par les gravats ou totalement cassées, les toitures très abîmées et les gouttières avaient été volées. D'autre part les canalisations d’eaux étaient éclatées ou disparues, les accès étaient devenus de fait inexistants ou ravinés…"

"RENE DIELEMAN commença par louer chez Monsieur Bracon à Chevreuse, un établi et des outils pour lui permettre d’amorcer la restauration des lieux. Il achèta aussi une machine à bois “combinée” d’occasion. Et c’est alors que sont intervenus des amis, des scouts, des éclaireurs, des artisans, des professeurs, et tous les autres, tous courageux et pleins de bonne volonté. Ils vennaient pendant leurs congés et les week-end, puis beaucoup ont campé ou dormi sans confort, mais dans une ambiance joyeuse et très active. La remise en état progressait mais n’était pas aisée, les finances étaient modestes et en plus, en période d’après guerre les "bons matières" subsistaient. Pour acquérir la moindre chose, clous, vitres, plâtre, bois, il fallat remplir des papiers et justifier du bon usage des matériaux qui n'étaient délivrés que sur présentation des bons de la préfecture. RENE DIELEMAN avait hâte d’ouvrir son centre et il ne pouvait le faire que plus d’un an après la prise de possession des lieux. Tout était loin d’être terminé et le travail commença modestement par des stages de week-end. Il était urgent de rentabiliser les locaux. Son activité passée lui permettait de contacter et d’engager des instructeurs de très bonne qualité qui viendront l’épauler."

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"Parallèlement il prospectait pour ses stages et c’est dans le cadre des mouvements de jeunesse qu’il trouva les premiers stagiaires, les scouts routiers, les éclaireurs de France, les instructeurs CEMEA, les animateurs de colonies de vacances de l’EDF, de la SNCF, les Charbonnages de France. Par la suite des stages ouverts à tous furent possibles assez rapidement grâce au bouche à oreille. Ils rencontrèrent un vif succès. Son "public" était très varié, des enseignants, des ingénieurs, des médecins, des architectes, des journalistes, des religieuses, des responsables d’associations multiples comme les castors, des jeunes ménages, du personnel médical de psychiatrie en ergothérapeutes et tous les particuliers aimant travailler de leurs mains. Il y a aussi eu les “écolosprécurseurs sympathiques et des idéalistes rêvant à un retour aux sources, à une vie saine, à des hommes qui tisseraient leurs vêtements et fabriqueraient leurs modestes et belles poteries..." 

"L’ambiance était excellente et grâce à cette diversité, les contacts très enrichissants. L’enseignement dispensé était de qualité, RENE DIELEMAN enseignait lui-même et recrutait des instructeurs pour ses multiples ateliers en étant très exigeant, choisissant toujours des professionnels réputés qu’il formait à ses méthodes."

"Il avait observé avec regret que dans beaucoup de milieux professionnels les compagnons délivraient au compte-gouttes leurs informations aux apprentis, dans le but peut-être de freiner la concurrence. Cet état de chose lui déplaisait et pour sa part il n’hésitait pas à transmettre immédiatement tout le savoir utile au néophyte. Il demandait naturellement à ses instructeurs d’agir de même. Afin que ce savoir se change en savoir-faire, il le greffait toujours sur des réalisations concrètes, l’application des informations et conseils donnés étant immédiatement mise en oeuvre. Les outils et les matériaux fournis étaient d’excellente qualité, les "trucs" de métier, les acquis de l’expérience étaient toujours dispensés sans réticence. Mais on enseignait aussi des notions culturelles visant à éduquer le sens esthétique des usagers, afin que leurs créations soient en tout point satisfaisantes en associant toujours le beau et le fonctionnel."

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René Dieleman au Travail

"RENE DIELEMAN voulait que les instructeurs se comportent en amis quienseignent et non pas en professeurs ou en contremaîtres qui jugent ou sanctionnent. Au bout de l’effort il y avait toujours la réalisation d’un objet utilisable et cela motivait naturellement les stagiaires. Chaque fin de stage donnait lieu à une exposition des réalisations et chacun pouvait y découvrir des travaux excellents, soignés et souvent très aboutis, que beaucoup n’imaginaient pas en commençant, être capables de produire. Les résultats étaient très gratifiants et naturellement encourageaient tout le monde à se perfectionner. Une telle qualité a rapidement porté ses fruits puis au gré des années, le succès du Claireau s’est amplifié en même temps que la gamme de ses ateliers s’étoffait."

"En 1953 le Centre National des Ateliers Educatifs fut agréé par l’Education Nationale, ce qui améliora les finances toujours un peu difficile et délicates de l’association. Tous les futurs professeurs de dessin et de travaux manuels de France furent envoyés en stage à la fin de leurs études, juste avant leur première attribution de poste et les professeurs déjà en activité vennaient participer à des stages de complément de formation."

"La renommée de Claireau dépassa vite nos frontières et des stagiaires sont venus de Belgique, de Suisse, du Canada, des USA, du Liban, du Brésil, de L’Afrique du Nord ou de l’Afrique Noire, etc. Les stagiaires qui animaient ensuite des ateliers habitaient un peu partout et ne trouvaient pas toujours, en province surtout, le matériel et les matériaux dont ils avaient besoin et cela préoccupait RENE DIELEMAN, qui craignait que certains projets échouent pour cette raison. Il suggèrea donc à quelques amis de créer une société de vente par correspondance dont l’activité était la diffusion de toutes les fournitures utilisées dans les ateliers. La société «Matière et Maîtrise» fonctionnera à partir de 1960 et son activité se poursuivra à Chevreuse jusqu’en 1987."

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"Parallèlement et dans le souci de récupérer de l’argent pour son centre, RENE DIELEMAN créa une société pour diffuser ses créations dans le domaine du mobilier. Sa gestion était celle d’une société commerciale totalement indépendante du Claireau. Toutefois les bénéfices étaient réinvestis dans l’association. De l’argent il en fallait car RENE DIELEMAN était toujours en train d’imaginer quelque chose de nouveau. On proposa jusqu’à 14 disciplines dans des ateliers qu’il souhaitait bien équipés, en Menuiserie, Sculpture sur bois, Poterie et Vannerie, (il avait commencé avec ces quatre ateliers) puis en Tissage, Reliure, Cartonnage Gainerie, Ferronnerie, Sérigraphie (impression sur tissus ou papier), Photographie, Marionnettes (construction et manipulation), Atelier de matière plastique, Artisanat ménager avec aménagement d’intérieurs et Amélioration de l’équipement musical."

"Le maximum de stagiaires était de 12 par atelier, la moyenne étant de 8, ce qui permettait de bien suivre la progression de chacun. La méthode d’Enseignement qui fut mise au point par RENE DIELEMAN était originale, novatrice, rigoureuse et très concrète. Elle débouchait sur des réalisations de grande qualité. On travaillait beaucoup à Claireau, mais sans contrainte. On avait la plupart du temps des usagers très motivés, passionnés par ce qu’ils entreprennaient et il arrivait souvent que les responsables d’ateliers soient obligés de "sévir" en coupant l’électricité pour que les irréductibles très captivés par leurs ouvrages admettent enfin d’aller se coucher!"

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"Durant chaque stage, il était prévu l’intervention d’une personne extérieure. Les intervenants étaient soigneusement choisis, des artisans ou des artistes renommés, des enseignants oeuvrant dans des disciplines originales, des architectes et même des psychiatres  utilisant les activités manuelles comme thérapies individuelles ou de groupes. C’est ainsi que Pierre Guariche, décorateur, Rouchy, responsable des CEMEA, Jacques Fillacier, coloriste et conseiller à la manufacture des Gobelins, André Wogenski, architecte et assistant de Le Corbusier, André Borderie, peintre et céramiste, Pierre Faucheux, graphiste, le professeur Sivadon, Président des psychiatres Français et bien d’autres personnalités renommées, ont tous fait des exposés et raconté leurs expériences et leurs motivations."

"Mais on ne faisait pas que travailler à Claireau, le terrain de volley-ball était aussi très fréquenté et les deux amis et rivaux sportifs qu'étaient RENE DIELEMAN et le sculpteur Philolaos (un enseignant en sculpture et poterie) surent composer des équipes motivées et dynamiques. Des soirées de détente ont aussi eu lieu et là aussi une grande qualité fut au rendez-vous. Claireau était en relation avec l’académie de guitare de Paris, les ballets de danse Française, le cabaret  "l’Ecluse", les mimes de la compagnie de Marceau et tous au gré des stages, donnaient des spectacles,des chanteurs poètes comme Marc Ogeret, Jacques Douai ou Marc et André (responsables du cabaret l’Ecluse) se produisaient et charmaient l’assistance."

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"Les usagers se faisaient de plus en plus nombreux et tous les stagiaires étaient en internat nourris et logés. C’est Madame Dieleman, en maîtresse de maison discrète et efficace assumait la lourde tâche de l’intendance, pour recevoir 30 personnes et ce n’était plus suffisant. RENE DIELEMAN ayant toujours le souci de pratiquer des prix de stages accessibles, la demande était forte et le château était trop petit pour accueillir tout le monde même si certains pour pouvoir assister aux stages, n’hésitaient pas à camper. RENE DIELEMAN a alors eu une nouvelle idée. La propriété était grande (103 hectares) mais on n’était pas autorisé à construire en dur et définitivement. Il "posa" donc du provisoire. En l’occurrence, il fit installer le plus discrètement possible, 8 wagons achetés à un prix satisfaisant aux “rebuts” de la SNCF, il y intègra des sanitaires et crée ainsi des chambres très originales. Grâce à cela et à quelques récupérations de pièces dans le château, la capacité d’hébergement passa à 60 stagiaires. La place pour les activités devenait aussi insuffisante. Il existait dans la forêt à 200 mètres du château, quelques anciennes serres délabrées mais dont les murs en meulières étaient encore en très bon état. C’est en s’appuyant sur ces murs que l’on réalisa avec les compétences et la main-d’œuvre maison, un bâtiment tout en bois qui abrita de nouveaux ateliers."

"Les activités manuelles telles qu’elles étaient enseignées à Claireau intéressaient beaucoup de monde issus de secteurs très différents. C’est ainsi que se sont côtoyés des animateurs de centres culturels, des responsables d’ateliers protégés, de CAT (centre d’aides par le travail), des professeurs d’écoles expérimentales, d’écoles nouvelles, des institutrices d'écoles maternelles et des moniteurs d’ateliers de loisirs issus des comités d’entreprises. (Kodak, Télémécanique, Renault…)"

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"Comme toujours le succès appelle le succès. De nombreuses personnalités de l’enseignement ou de la politique, comme Madame Thome-Patenôtre député maire de Rambouillet ou des ministres en fonction à l’époque, Alain Peyrefitte, Maurice Herzog et Claudius Petit, visitèrent Claireau. Certains y passaient une journée dans les ateliers puis déjeunaient avec les stagiaires. Les compliments pleuvaient, mais les subventions évoquées parfois ont rarement eu des suites positives! Monsieur Breton, fondateur de la revue et du salon des Arts Ménagers fut séduit par le Claireau. Il demanda à RENE DIELEMAN de collaborer régulièrement à sa revue dans laquelle il inclut des fiches techniques créées à Claireau et relatives aux disciplines qui y sont enseignées. A plusieurs reprises, Claireau sera présent sur le stand du journal, touchant ainsi un large public. Madame Hattinguais, directrice du très réputé Lycée international de Sèvres ou  Madame Bataillon et Monsieur Machard, inspecteurs généraux de l’enseignement appréciaient beaucoup les méthodes et l’enseignement prodigués au Claireau et le firent savoir."

"Pendant ce temps RENE DIELEMAN qui n’était jamais inactif donna une dimension supplémentaire à ses travaux. Il créa les Ateliers Clubs Claireau qui furent regroupés au sein de l'association UDAC. (Union des ateliers clubs Claireau) Cette association réunissait des lieux divers agréés où étaient enseignées par des anciens stagiaires dans l’esprit "Claireau" et avec ses méthodes, des activités manuelles créatrices. Avec le temps, une vingtaine d’ateliers seront créés en France. Naîtront également les "stages longue durée" (un an) destinés justement aux futurs responsables de ces ateliers. RENE DIELEMAN, qui avait commencé sa carrière auprès des jeunes, souhaitait aussi les intéresser directement. Il créa dans la citadelle de St Florent en Corse, un centre de loisirs animé par des anciens stagiaires très compétents, qui rencontrèrent tout de suite un bon succès. a réputation de RENE DIELEMAN et de ses méthodes d’enseignement dépassa nos frontières et il fut sollicité dans différents pays en voie de développement en Afrique, au Liban, en Amérique du sud etc, pour aider à relancer les artisanats locaux."

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"Orateur brillant et passionné, il était très demandé et intervennait dans d’importants congrès en France et à l’étranger. Tout allait-il donc pour le mieux? Non! Pas tout à fait car entre temps, Monsieur Bobet décèda. Avec lui les relations étaient bonnes et de temps en temps, le samedi matin en général, il rendait des petites visites au Claireau, se renseignait sur l’évolution de l’association ou sur l’état des travaux. Par contre sa veuve Madame Bobet, sans doute affectée et désemparée a malheureusement confié ses intérêts à des hommes d’affaires et ce fut le début de gros ennuis..." Ils commencèrent par appliquer la fameuse règle de "la surface corrigée" pour recalculer un nouveau loyer, le résultat fut catastrophique."

"Le très exorbitant loyer demandé ne tennait pas compte des efforts et des remises en état des locaux que le locataire avait entrepris depuis des années. Rapidement RENE DIELEMAN ne fut plus capable d'assumer le règlement de telles sommes, mais il tenta de rester car partir (où ?) lui pose d’énormes problèmes. D'autre part il s’était beaucoup attaché à ce lieu incontestablement très agréable. Monsieur Peyrefitte le ministre, qui avait été séduit lors de sa visite, proposa des locaux à Provins, (une maison de retraite qui devait se libérer) mais il ne devait pouvoir en disposer que 2 ans trop tard. L’attente étant trop longue, on a dû apprendre que la propriétaire souhaitait vendre à des promoteurs immobiliers et était extrêmement pressée. Les conseillers de Mme Bobet intentèrent un procès pour faire partir les locataires gênants du château. Compte tenu des retards accumulés dans le paiement des loyers, ils ont obtenu gain de cause, ce qui obligea les occupants à partir..."

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"C'est arrivé en 1967 et la belle histoire de ce qui était devenu le "Centre National des Métiers d’Arts" commencée à Chevreuse en 1947 a dû par la force des choses se terminer. Environ 15000 stagiaires auront fréquenté les ateliers. Le promoteur "Kaufman & Broad" ne tardèrent pas à arriver avec un énorme projet de 162 pavillons et leur slogan tonitruant:

-"Vivez dans un cadre prestigieux!" Ainsi sera construite la résidence «Les hauts de Chevreuse». Les travaux ne commencèrent pas tout de suite et très rapidement le château fut la proie des vandales qui dégradèrent les lieux (à un point tel que ça m'étonne encore, note de Tembol) et volent absolument tout ce qui pouvait leur servir en détruisant tout ce qui était possible... Initialement, le promoteur envisageait de conserver le château pour en faire un "club" à l’usage des résidents. Mais sa remise en état et les futurs frais d’entretien des lieux ont fait que le projet fut abandonné et le château de Claireau fut rasé."

"RENE DIELEMAN sauva ce qui pouvait encore l'être du désastre et ne s’avoua pas vaincu. Il s’installa provisoirement au château de Gouvieux dans l’Oise, où il fera fonctionner durant quelque temps un centre beaucoup plus modeste que celui de Chevreuse. Par la suite la municipalité de Celles sur Belle dans les Deux-Sèvres, a mis une ancienne abbaye à sa disposition. Il y installa des ateliers très prometteurs, mais sa mort brutale en 1974 mettra définitivement fin au "Centre National des Métiers d’Arts", fruit de la ténacité et de la passion d’un homme réellement exceptionnel."

                                                                                           Claude LECOMTE.
                                                                                           Juillet 2001

Pour mieux connaître le personnage de René DIELEMAN (1914/1974) et les préceptes de son enseignement voici quelques extraits de ses écrits: "Le travail, pour la majorité des individus, de l’écolier à l’adulte, est devenu routine et ennui, en partie parce que sans fin et sans commencement. Il enferme l’homme dans le sentiment qu’il n’est qu’un rouage inutile et sans intérêt, l’occasion lui manque souvent de se prouver qu’il est capable de produire une oeuvre personnelle."

"En ayant l’occasion, par la pratique d’activités manuelles créatrices, de se confronter avec la matière, d’affiner sa sensibilité, de développer son imagination dans la recherche de travaux artistiques et artisanaux, l’homme doit trouver de nouvelles possibilités de développement culturel et professionnel. Mais, livré à lui-même sans moyens matériels, sans directives, l’amateur ne peut espérer des résultats vraiment satisfaisants, alors que dans un atelier collectif bien équipé et sous la direction de moniteurs compétents, n’importe quel amateur peut réaliser une œuvre personnelle de qualité."

"C’est pour lui donner cette possibilité que le Centre National des Ateliers Educatifs a été créé."

"La connaissance d’une technique donne l’occasion à l’esprit créateur et au goût de s’exercer sur des « formes utiles », activité qui apporte à l’individu des possibilités de libération et qu’un constant souci de perfection enrichit chaque jour. Il ne s’agit pas d’apprendre un métier ni de « bricoler », mais de découvrir et de vivre pleinement la joie de créer, la joie de « penser avec ses mains »."

"Il faut sauvegarder au sein des jeunes générations la sensibilité et l’esprit créateur dans un temps où la mécanisation à outrance risque de détruire chez l’homme si l’on n’y prend pas garde, cette nécessité des temps anciens, facteur d’équilibre et d’harmonie : la chose commencée et finie par lui."

"Je suis opposé aux « exercices manuels » ou au mauvais bricolage qui ne débouche sur aucune réalisation concrète. Je veux donner à nos stagiaires une base de connaissances techniques qui leur permette, sans aptitudes particulières de découvrir la joie de créer des formes nécessairement utilisables."

"Conseillés et guidés par des spécialistes réellement compétents, ces stagiaires devenus créateurs, comprendront mieux le sens des mots simplicité, équilibre, rationnel et bon goût. En les aidant à découvrir dans leur personnalité des ressources cachées, l’expérience vécue leur permettra de reconnaître la valeur d’un enseignement fondé sur la création personnelle, laquelle apporte à l’homme sa dignité et son équilibre."

Fin de citations!

Maurice_Herzog

Maurice Herzog aussi essaya de les soutenir...

Qu'en penser? Cette histoire est insolite et attristante quant à sa conclusion, en particulier pour le triste sort du petit château baroque à l'architecture très audacieuse dont je garde des souvenirs précis, tellement j'aimais son style et son site. Il fut détruit et sacrifié au culte de l'argent, victime d'une forme d'immobilier tout à fait contestable*. Pour avoir visité N fois le château abandonné et ses ex-dépendances disposées autour de lui dans la forêt, "l'ado" visiteur occasionnel en balade que je fus, doit aussi confirmer que c'était réellement une construction exceptionnelle. Pour ne citer que ça, la vue sur toute la vallée de l'Yvette du haut des petits balcons de ses nombreuses chambres était tout à fait extraordinaire. Observez la vue d'avion du Château et faites un petit effort d'imagination. Avoir détruit cela dans le cadre de ce que je confirme avoir été "une opération immobilière de merde" et une sale histoire d'héritage effectivement, ce fut une réelle grosse connerie.

Kaufman___Broad

Encore et toujours, ça nous incite à penser à *NE SURTOUT PAS SACRALISER CA! Les professionnels de la politique politicienne française, que j'appelle parfois les "politicards", évoquent souvent "les valeurs que nous avons en commun". Hum-hum... Je ne suis pas sûr d'avoir les mêmes valeurs que ces gens-là. Ceci m'a ulcéré, il y a de quoi les mitrailler toutes et tous, dans cette sale clique. J'ai hélas dû entendre parler de la "vraie valeur travail" entre les deux tours de l'élection pestillentielle d'Avril 2012. Ces gens n'avouent pas souvent ce que sont leurs "valeurs"! Mais nous savons ce qu'il en est réellement, quand une "justice" au service de l'argent, autorise qu'on vire de chez elle une association de la qualité de celle de Mr René DIELEMAN.

Je m'en souviens bien maintenant. "Ils" (Kauffman & Broad) déclarèrent que le château était devenu très dangereux en risquant de s'effondrer sur les enfants qui y passaient "trop de temps". Ce n'était d'ailleurs, pas très loin de la vérité. La faute à qui? Au moins aussi grave, avoir ainsi chassé cette intéressante institution qui l'occupait, je ne sais qu'en dire et penser. Pour rester poli et non vulgaire, je me contente comme "Claireau Le Lieu", d'en penser ce que j'en pense et ce que vous en penserez probablement aussi!

Les autres pages de l'excellent blog "Claireau Le Lieu" concernant cette histoire

Le Château de Claireau (toute l'histoire racontée)
Vidéos des Ateliers Educatifs de Claireau
Les témoignages sur les Ateliers Educatifs de Claireau
Ce qu'étaient les Ateliers Educatifs de Claireau
Le Blog de Chevreuse et le Mausolée abandonné de la famille de Montgomery (qui fit construire le château)
Le Mausolée abandonné et en ruine de la famille de Montgomery (qui fit construire le château)

Bien amicalement / Met vriendelijke groeten et Merci de m'avoir lu

PLAN de "CONFLICTUALITIC"

piafmatin

Au Japon, quand des "décideurs" sont impliqués dans de graves problèmes, ils font des excuses publiques et le plus souvent ils démissionnent. Que voit-on en France? Le plus souvent il ne manque plus que "le bras d'honneur"... Nous sommes pourtant dans un pays dont les notables politiques se permettent de donner des leçons de droits de l'homme au Monde entier! Faut-il en rire? Non!

René Char: "Ce qui vient au monde pour ne rien troubler, ne mérite ni égard ni respect."